jeudi 6 décembre 2007

Les Vélib' à selles roses


'Bien, j'ai appris récemment ce qu'était un marronnier. Ouiii, d'accord, ok, c'est un arbre, celui qu'on a tous eu dans à la récré, celui qui a des feuilles qui glissent, mais bon, des marrons qu'on peut lancer dans les oreilles, celui où on a inévitablement gravé le nom de sa first (my last, my everythiiing, mais je digresse, Barry White, REP).
Oui, mais un marronnier, dans le jargon journalistique, c'est quoi. Et bien, un marronnier, c'est,

en journalisme est un article d'information de faible importance meublant une période creuse, consacré à un événement récurrent et prévisible. Tout comme le marronnier (l'arbre[1]) qui invariablement, tous les ans, produit ses fruits, le marronnier journalistique reproduit les même sujets avec plus ou moins d'originalité. Les sujets « débattus » dans un marronnier sont souvent simplistes, parfois mièvres. Son équivalent anglophone est l'expression evergreen.

La qualité première du marronnier est qu'il n'est jamais rédigé dans l'urgence, puisque sa parution est programmée… d'une année sur l'autre. Dans ce cas de figure, on place souvent, à la télévision, des images d'archives, histoire de faire une « frise chronologique ».

Le marronnier a cette particularité de gêner plus le journaliste que le lecteur : le premier doit transformer ce qu'il ressent souvent comme une corvée en un papier comportant une accroche ou un angle d'attaque nouveaux et intéressants, tandis que le second serait frustré, à juste titre, de ne pas voir les repères du cycle annuel (les fêtes, par exemple) ou les efforts d'organisation d'un événement par une association ou un comité. Cela est particulièrement notable dans la presse quotidienne régionale.


Voilà. Soit dit-en passant, j'ai rarement vu un article wikipédia à l'esprit aussi critique, honneur à son géniteur.

Mais revenons à nos moutons, je disais, oui, les Velib' roses, qu'est-ce.
Et bien tous les 1er Décembre, c'est la Journée mondiale du Sida. Alors pour marquer le coup, l'agence Rouge, a eu l'initiative de recouvrir des centaines de Vélib', d'une selle rose. On pouvait lire le message “et vous, vous faites quoi pour vous protéger ?” signée l'association Act Up Paris, association de lutte contre le sida.
Une façon ludique de sensibiliser la jeune et le jeune parisien, un peu frivoles par ce temps hivernal, certes bien propice à la chose.
Donc, pour vous, cadeau : preservatifs, gels, et l'essentiel bien-sûr, le mode d'emploi, heu.

Joli coup de marketing alternatif de l'agence Rouge donc, -dont l'épigraphe du site, je viens de voir, est :"l'Agence des Solutions Révolutionnaires", c'est génial, je vous le dis- qui aura l'âpre mérite de fournir à ces chers journalistes un moyen original et moins laborieux de commencer ce putain-de-papier-sur-cette-putain-de-journée-mondiale-du-Sida-mais-
-putain-qu'est-ce-que--je-vais-pouvoir-écrire-d'autre-de-différent-de-
-l'année-dernière-marronnier-de-merde-Alexandra-une-pensée-pour-toi-
-ma-pauvre.

Et je vous vois me demander, l'air inquisiteur, la mine dubitative, la lèvre moqueuse et le sourcil revelé : "Mais pourquoi, diable, appelle-t-on cette journée, la "Journée mondiale DU Sida", mais-quoi-donc-qu'est-ce, c'est sa fête ou quoi?! Vas-y, dis-moi gros malin !"

Et moi de vous répondre "Mais j'en sais rien, écoute."

Et vous de rétorquer derechef : "Et est-ce vraiment approprié d'utiliser la symbolique d'une selle rose, pour nous désinciter à forniquer avec nos petites copines, vraisemblablement indisposées, bah oui, c'est cracra ?!"


"Bon, moi ch'te laisse."

Ici, on se pose beaucoup de questions insensées et inutiles, mais c'est essentiel.

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